Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a annoncé il y a 48 heures la suspension pour trois mois de trois partis politiques, dont le RPG Arc-en-Ciel, formation de l’ex-président Alpha Condé, pour non-conformité aux normes légales.
Cette décision a suscité la réaction de Taliby Dabo, membre influent de la coordination régionale du RPG en Haute-Guinée et suspendu lui-même des instances du parti.
Lors d’une conférence de presse dimanche à Kankan, il a minimisé la portée de la mesure.
« Pour le moment, le RPG Arc-en-Ciel est suspendu. Mais nous, nous allons recommencer, parce que nous ne sommes pas suspendus. Logiquement et conformément à la loi, le RPG peut continuer à mener ses activités, puisque le RPG Arc-en-Ciel n’existe pas (…) », a-t-il affirmé.
Estimant que le ministère a fait preuve de clémence, il a ajouté : « Je pense que le ministère a eu pitié de ces partis politiques, sinon on aurait pu directement les dissoudre pour faute lourde. Et sur ce point, je suis d’accord avec le ministère. »
Taliby Dabo a par ailleurs annoncé la relance prochaine du RPG « originel », avec de nouveaux statuts et règlements intérieurs.
Selon lui, le parti dispose toujours d’un agrément valable. « Bientôt, vous allez voir qu’officiellement, on va vous parler du RPG », a-t-il assuré.
Il est revenu sur la création du RPG Arc-en-Ciel, né d’une coalition avec d’autres formations politiques en 2010.
« Le RPG a été sacrifié pour le RPG Arc-en-Ciel », a-t-il dit, rappelant que le changement de nom avait été imposé pour satisfaire les alliés d’alors.
La suspension prononcée par les autorités pourrait donc, selon lui, ouvrir la voie à une « renaissance » du RPG débarrassé de l’étiquette « Arc-en-Ciel ».
Ce discours illustre la résurgence de tensions internes au sein de l’ancien parti présidentiel, fragilisé depuis la chute d’Alpha Condé en 2021 et désormais contraint de redéfinir son avenir dans un paysage politique en recomposition.
Mohamed Sylla
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