CONAKRY-Le vice-président de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD) vient de réagir suite à la récente suspension de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).
Dr Édouard Zotomou Kopghomou qui a été interrogé par un journaliste d’Africaguinee.com, pointe du doigt le fait que l’on sanctionne un parti pour ne pas avoir tenu de congrès, alors que le gouvernement lui-même aurait contribué à empêcher cette tenue.
« Vous ne pouvez pas demander aux gens de tenir un congrès, que vous-même vous abrogez, et après vous les sanctionnez pour n’avoir pas tenu un congrès. Ça ne se comprend pas du tout. Nous pensons que c’est incohérent« , a déclaré M. Zotoumou
La véritable motivation, d’après lui, se trouverait « ailleurs ». Pour le vice-président de l’ANAD, alliance à laquelle est affiliée l’UFDG, l’intervention de la justice dans les affaires internes d’un parti politique est inacceptable.
“Quand vous dites qu’un parti politique n’a pas rempli toutes les conditions, ça se comprend dans une certaine mesure. Mais si les gens se débrouillent et remplissent toutes les conditions, jusqu’à ce qu’il n’y ait qu’une seule condition, qui est la tenue du congrès, -en plus du fait que la justice s’est invitée dans le fonctionnement interne du parti-, vous le sanctionnez, nous trouvons que ça, c’est inacceptable”, assène-t-il.
Pour le Dr Kopghomou, la relation entre les membres d’un parti est comparable à un « pacte de mariage », où les désaccords internes devraient être résolus sans ingérence extérieure.
“Moi, je l’ai toujours dit, ça ne peut pas plaire. Quand on appartient à un parti politique, c’est comme un pacte de mariage. Vous tombez d’accord en tant que deux adultes, pour entretenir une relation, mais s’il y a incompatibilité d’humeur ou n’importe quelle sorte d’incompatibilité qui puisse vous conduire à un divorce, il n’appartient pas à quelqu’un d’autre de s’immiscer pour vous forcer à rester là. Ça ne se fait pas. C’est une question de confiance entre deux adultes consentants. Alors si ça ne va pas, chacun va de son côté, et le problème reste là”, a-t-il ajouté.
L’homme politique s’interroge même sur la « légitimité » du MATD à prononcer une suspension contre un parti. Se basant sur la charte des partis politiques, il soutient qu’une telle décision relève normalement de l’autorité judiciaire et non de l’exécutif.
« Quand on regarde de très près, il n’appartient pas vraiment au MATD de suspendre un parti politique. Normalement, ça c’est une décision de justice”, a-t-il soutenu.
Dr Édouard Zotomou Kpogohmou dénonce une stratégie qui vise, selon lui, à provoquer une réaction du parti pour ensuite le criminaliser. Une approche qu’il a qualifiée de “machiavélique”.
“Nous pensons que c’est des intimidations pures et simples. Mais nous avons demandé qu’il y ait des actions légales. On est des légalistes. Nous voyons que ce qui se fait, c’est pour que les gens puissent réagir d’une certaine manière. Comme ça, on vous accusera de tout et de rien d’ailleurs. Des chose auxquelles vous n’avez même pas réfléchi, vous n’avez pas pensé, c’est ce qu’on va mettre sur votre tête. Et c’est comme ça que le machiavélisme travaille…Nous, nous restons dans le cadre légal”, a-t-il martelé.
A suivre !
Africaguinee.com
Créé le 25 août 2025 12:12
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