Le Syndicat national de l’éducation (SNE) a estimé mardi que la rentrée scolaire 2025-2026, annoncée par le gouvernement à travers le ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) pour le 15 septembre prochain, était « irréaliste » au regard des contraintes structurelles et logistiques qui persistent dans le secteur.
« Une telle décision ne doit pas être isolée. Elle exige la consultation de plusieurs acteurs et partenaires du système éducatif : ministère de l’Éducation, syndicats, associations de parents d’élèves et société civile », a déclaré le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, lors d’un entretien avec la presse.
Le syndicat rappelle que la Guinée souffre de deux faiblesses majeures : la brièveté de l’année scolaire (huit mois contre neuf dans de nombreux pays voisins) et des vacances jugées « excessives » de trois mois.
Ces failles structurelles, selon le SNE, entraînent des programmes bâclés et contribuent aux échecs massifs aux examens nationaux.
Mais pour le SNE, au-delà de la volonté des autorités d’améliorer le calendrier scolaire, plusieurs obstacles rendent la date du 15 septembre « difficilement tenable » : absence de budget opérationnel, crise économique pesant sur les familles, et climat politique marqué par la tenue du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre.
Le syndicat dénonce également des problèmes internes persistants, comme le blocage des salaires de milliers d’enseignants, la non-régularisation des contractuels et la situation des retraités non rétablis dans leurs droits.
Le SNE formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles la mise à disposition rapide du budget de rentrée, une meilleure communication pédagogique auprès des familles et la régularisation de la situation des enseignants.
Si le gouvernement entend, par une rentrée précoce, mobiliser enseignants, élèves et parents pour rompre avec le démarrage tardif des classes, l’inquiétude reste vive chez de nombreuses familles.
Entre difficultés financières et incertitudes politiques, beaucoup de parents redoutent de ne pas pouvoir préparer correctement leurs enfants pour le 15 septembre.
Kadiatou N’Diaye
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