CONAKRY – Le président de la transition a invité les Guinéens à se rendre aux urnes le 21 septembre 2025 pour se prononcer, par un Oui ou un Non, sur le projet de nouvelle Constitution. En prélude à ce scrutin, la campagne référendaire s’ouvrira le 31 août prochain.
Faya Millimouno, leader du Bloc Libéral (BL), qui dénonce régulièrement ce projet de référendum, accuse les autorités de vouloir créer une illusion d’équilibre dans le processus. Selon lui, le CNRD et son gouvernement « jouent au petit malin » en organisant l’ouverture de cette campagne.
« Nous avons suivi les communications qui ont été faites. On veut donner l’impression que le processus sera équilibré, puisque c’est un référendum avec deux options : répondre par Oui ou par Non. On nous annonce d’ailleurs que les temps d’antenne seront répartis de façon égale entre les deux camps. Mais je pense qu’il faut aller au-delà. D’abord, rappeler que l’administration publique, devant la loi, ne peut pas adopter une position partisane. Nous espérons donc que, durant toute la campagne, aucun véhicule de l’État ne sera utilisé pour appeler à voter Oui, car ce serait une violation de la loi », a averti Faya Millimouno au micro d’Africaguinee.com qui l’a joint ce lundi 25 aout 2025.
Faire recours à la justice…
Faya Millimouno a par ailleurs mis en garde contre l’utilisation des ressources publiques dans cette campagne :
« Nous n’interdirons pas que chacun utilise sa voiture personnelle pour aller en campagne. Mais il faudrait que, si la Cour des comptes veut justifier son existence, elle puisse vérifier d’où proviendront les fonds destinés à la campagne pour le Oui. Si ces fonds sont d’origine publique, alors il faut en accorder autant à ceux qui défendent le Non. C’est l’une des garanties nécessaires.
Deuxièmement, dès lors qu’il est reconnu qu’il existe deux camps, la gestion du processus ne peut plus rester unilatérale. Or, depuis le 1er juillet, les membres du gouvernement et toute l’administration publique, en violation de la loi, mènent déjà campagne pour le Oui, avant même l’annonce officielle. Il faut donc que, du sommet à la base, les structures de gestion du processus intègrent des représentants du Non au même titre que ceux du Oui », a-t-il martelé.
Le leader du Bloc Libéral exige également que le jour du vote, les représentants des deux camps soient présents dans les bureaux de vote « afin de garantir la transparence ».
Quant à sa propre formation, Faya Millimouno annonce son entrée en campagne dès le 1er septembre :
« Le lendemain du lancement officiel, nous prendrons la parole devant vous, les médias, à la Maison de la presse. Nous invitons tout le monde, y compris les médias nationaux et internationaux. Nous préciserons à cette occasion que notre démarche n’a rien à voir avec le CNRD ni avec le gouvernement. Pour nous, ce projet de nouvelle Constitution constitue une trahison du peuple, et nous allons le démontrer ce jour-là.
Ce n’est pas pour rien que les membres du gouvernement n’ont pas voulu vulgariser ce texte. Car vulgariser, c’est faire comprendre. On aurait dû le traduire en Maninka, en Poular, en Soussou, en Kissi, en Manon, en Baga, etc. », a-t-il fustigé.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 août 2025 11:00
Lire l’article original ici