Alors que la Guinée s’apprête à franchir une nouvelle étape institutionnelle avec l’annonce d’un référendum constitutionnel, l’heure est à la réflexion profonde.
Le pays vit une transition prolongée, émaillée de promesses de rupture, de justice et de refondation. Pourtant, au fil des mois, le doute s’installe, la confiance s’effrite et le sentiment d’une manœuvre politique se renforce.
Changer une Constitution n’est pas un acte banal. Cela suppose un climat de confiance, une réelle inclusion, une adhésion populaire sincère. Rien de tout cela ne semble garanti aujourd’hui.
Le processus est mené dans une opacité inquiétante, sans débat national apaisé, sans véritable écoute des forces vives. Beaucoup perçoivent dans cette démarche une volonté de verrouiller le système, non de le réformer.

Face à cette situation, deux postures se dessinent : le boycott ou la participation critique. Boycotter, c’est protester mais aussi laisser le champ libre. Participer pour dire non, c’est utiliser les outils de la démocratie pour opposer un refus clair, chiffré, visible. C’est peut-être là l’arme la plus redoutable pour contrer un projet perçu comme biaisé.
L’histoire récente de la Guinée nous enseigne que la résignation a toujours coûté plus cher que l’engagement. Il est temps d’assumer notre responsabilité collective : celle de ne plus subir, mais d’agir. Par la parole, par le vote, par la vigilance.
La démocratie n’est pas un slogan, c’est une lutte de chaque instant.
Boubacar Dieng

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