CONAKRY – La Guinée dispose désormais d’un fichier électoral biométrique qui compte 6 768 458 électeurs inscrits, prêts à participer au prochain référendum constitutionnel ainsi qu’aux élections nationales et locales.

Les statistiques finales rendues publiques ce jeudi 28 août 2025, révèlent le poids électoral de chaque région. La capitale et la Haute-Guinée arrivent en tête avec respectivement 1 543 022 et 1 522 956 électeurs. Seulement 20 066 électeurs séparent Conakry de la Haute-Guinée. Viennent ensuite Kindia avec 882 649 électeurs et N’Zérékoré avec 828 124 électeurs, respectivement en troisième et quatrième positions.

Interrogé sur ces chiffres, Dr Edouard Zotomou Kpoghomou, président de l’UDRP (Union démocratique pour le renouveau et le progrès), estime que ce léger changement opéré après les résultats du RAVEC (Recensement administratif à vocation d’état civil) découle des critiques formulées par plusieurs acteurs.

« Kankan était devant Conakry et devant Nzérékoré. Nous avons dénoncé cela, parce que même un quartier de Nzérékoré est plus grand que Mandiana, mais on a trouvé que Mandiana avait plus d’électeurs que Nzérékoré. Nous avons considéré que cela avait été fait à dessein. C’est pour ça qu’ils ont changé », soutient l’acteur politique.

Selon les statistiques, la diaspora totalise 125 271 électeurs inscrits dans le fichier. Pour le président de l’UDRP, cette donnée illustre les anomalies persistantes :  « Quand vous prenez le Sénégal et la Côte d’Ivoire, il y a plus de 3 millions de Guinéens là-bas. Et je ne parle même pas encore des États-Unis et de l’Europe. Comment peut-on dire qu’on n’a recensé que 125 000 électeurs ? Tout ça se fait à dessein pour minimiser la participation au vote. Moins il y a d’électeurs, plus les chiffres sont malléables et manipulables. Quand il y a beaucoup d’électeurs inscrits, il est très difficile de justifier les jonglages. C’est pourquoi nous considérons que ce fichier n’est pas fiable », a-t-il déclaré.

À ses yeux, ce découpage vise à favoriser certaines régions, notamment la Haute-Guinée.
« Nzérékoré est plus peuplée que Kankan. Mais ce n’est pas ce qui est reflété ici. Puisque c’est eux qui ont fait le redécoupage, on sait qu’il a été fait pour favoriser un certain nombre de choses. Il ne faut pas qu’on se leurre », estime Dr Kpoghomou.

C’est pour toutes ces raisons que les Forces vives se sont désolidarisées du processus, explique le vice-président de l’ANAD :
« Aucun parti d’opposition n’a été associé à cette opération. Nous avons dit que le référendum et même les élections ne nous concernent pas. On ne peut pas organiser des élections où ceux qui organisent sont aussi ceux qui présentent des candidats. Il y a déjà eu de nombreuses violations de la Charte. La nouvelle Constitution a balayé d’un revers de main les intangibilités, notamment celles qui interdisaient au général Mamadi Doumbouya, aux membres du CNRD et du CNT d’être candidats. Les conditions d’équité et de transparence ne sont donc pas réunies pour des élections crédibles. Voilà pourquoi, au niveau des Forces vives, il a été décidé de ne pas participer à l’embrigadement des libertés et à l’instauration d’une certaine dictature », a conclu Dr Edouard Zotomou Kpoghomou.

Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com


Créé le 29 août 2025 06:45

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