Le président du Conseil national de transition (CNT), Dansa Kourouma, a défendu cette semaine l’introduction de la candidature indépendante dans la nouvelle Constitution, lors d’un entretien accordé à la radio allemande Deutsche Welle.
Cette disposition, critiquée par une partie de la classe politique qui y voit un mécanisme destiné à favoriser une éventuelle candidature du général Mamadi Doumbouya, a été justifiée par M. Kourouma comme une revendication ancienne de la société civile.
« C’est le raccourci le plus dangereux que la classe politique est en train de faire. La candidature indépendante est plus ancienne que le président Mamadi Doumbouya. Depuis 20 ans, la société civile et les intellectuels guinéens se battent pour l’instauration de ce mécanisme afin de ralentir la politisation à outrance et de permettre à des citoyens porteurs d’un projet politique, mais non affiliés à un parti, de se présenter aux élections. », a déclaré Dansa Kourouma.
Le président du CNT a également invoqué des textes internationaux pour justifier cette option.
« La Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que tous les citoyens ont le droit de participer à la conduite des affaires politiques de leur pays. Alors pourquoi obliger les citoyens à appartenir à un parti politique ? La rédaction de cette Constitution est en conformité avec la Déclaration universelle et le Pacte international sur les droits civils et politiques (…) », a-t-il ajouté.
Interrogé sur une éventuelle candidature du général Mamadi Doumbouya, Dansa Kourouma a défendu cette option.
« Si le président Mamadi Doumbouya veut être candidat, il peut l’être à travers une candidature indépendante. Ce sont des modalités qui existent et qui n’ont rien à voir avec la candidature d’une personne. C’est une demande sociale exprimée par les Guinéens depuis des décennies que nous avons adoptée. », a-t-il soutenu.
Ces déclarations de Dansa Kourouma interviennent alors que le projet de nouvelle Constitution, qui doit être soumis à référendum le 21 septembre, alimente de vifs débats.
L’opposition redoute une transition prolongée débouchant sur une candidature du chef de l’État, tandis que les autorités affirment vouloir consacrer une ouverture démocratique attendue de longue date.
Boua King K.
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