Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 4 avril 2025 à Conakry, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Félix Lamah, a annoncé le lancement officiel de la campagne agricole 2025-2026. La cérémonie nationale est prévue pour le 9 avril prochain au Centre agricole de Ditinn, dans la préfecture de Dalaba, en présence du Premier ministre Amadou Oury Bah. En parallèle, des cérémonies similaires se dérouleront le même jour dans les huit régions administratives du pays, chacune présidée par un membre du gouvernement.
En dressant le bilan de l’année précédente, le ministre a évoqué une campagne agricole 2024 particulièrement éprouvante. Le pays, rappelle-t-il, a été frappé par des conditions climatiques extrêmes, notamment des inondations ayant ravagé les cultures et les élevages : « Environ 12 472 producteurs, soit 3 500 ménages, ont été sinistrés, avec une perte estimée à 38 782 hectares de cultures céréalières et maraîchères ». Le sous-secteur de l’élevage n’a pas été épargné : 10 625 animaux ont péri, et 13 502 tonnes d’aliments pour bétail ont été perdues.
Une réponse ambitieuse pour 2025-2026
Face à ces défis, la campagne agricole 2025-2026 se veut ambitieuse. Dotée d’un financement de 115 milliards de francs guinéens à travers le Budget national de développement, elle vise à accompagner 2,5 millions de producteurs agricoles et un million d’éleveurs.
Le gouvernement prévoit la distribution de semences certifiées (riz, maïs, pommes de terre, fonio, igname), d’engrais, de matériels agricoles modernes et de conseils techniques. Un accent particulier est mis sur la mécanisation pour améliorer la productivité.
Le sous-secteur de l’élevage au cœur des priorités
Félix Lamah a annoncé un appui renforcé au secteur de l’élevage, notamment à travers la relance de la filière avicole, sévèrement touchée par la grippe aviaire dans les zones de Coyah et Forécariah.
À ce titre, le Projet d’établissement des fondamentaux de l’élevage du secteur avicole républicain de Guinée (PEFAG) fournira des vaccins, des aliments pour bétail et d’autres intrants essentiels aux éleveurs.
Le ministre a ensuite mis en exergue la restructuration des filières agricoles jugées prioritaires telles que le fonio, l’anacarde, le café-cacao, la mangue, le coton, le bétail-viande et la filière porcine. Il annonce qu’un comité de relance a été mis en place et collabore activement avec la Chambre nationale d’agriculture. Il soutient que la filière mangue, par exemple, a bénéficié de 100 000 kits de pièges à mouches pour sauver la campagne 2025. La Société cotonnière de Kankan et la SOGUIPAH, deux unités agro-industrielles en difficulté, bénéficieront d’un appui dans le cadre de cette campagne. Un partenariat stratégique a notamment été signé avec le groupe israélien Netafim pour relancer la culture du coton.
Le ministre Félix Lamah a également insisté sur le rôle central du Fonds de développement agricole (FODA) dans cette campagne. Jusqu’à 3 milliards de francs guinéens, dit-il, pourront être accordés à des agri-preneurs, femmes et personnes vulnérables pour la mise en œuvre de projets agro-pastoraux.
Infrastructures, conservation et objectifs de production
Le ministère de l’Agriculture prévoit la mise en place de 40 chambres froides d’ici la fin de la campagne pour réduire les pertes post-récolte. En parallèle, 14 000 hectares d’aménagements hydro-agricoles seront mis à disposition, avec pour objectif de produire 42 000 tonnes de riz au profit de plus de 9 300 producteurs.
Parmi les ambitions de la campagne :
- Riz : de 1 444 670 tonnes en 2023 à 2 572 961 tonnes en 2025
- Maïs : de 894 146 tonnes à 1 379 919 tonnes
- Fonio : de 529 000 tonnes à 602 000 tonnes
- Igname : de 439 866 tonnes à 483 980 tonnes
- Pomme de terre : de 533 000 tonnes à 824 000 tonnes
Ces prévisions s’appuient sur une large distribution de semences certifiées et d’engrais, avec des milliers d’hectares prévus pour la culture de riz, maïs, pommes de terre et légumes.
Avec cette campagne agricole 2025-2026, le gouvernement, à travers le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, affiche une volonté claire de renforcer la souveraineté alimentaire du pays et de transformer structurellement l’agriculture.
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