Le Premier ministre a réagi, ce vendredi 8 août, aux critiques formulées par Emirates Global Aluminium (EGA) suite au retrait de la concession minière de bauxite de sa filiale, Guinea Alumina Corporation (GAC). Lors d’un entretien accordé à RFI, Bah Oury a défendu la décision du général Mamadi Doumbouya, en insistant sur le non-respect des engagements initiaux par la compagnie émiratie.
Le chef du gouvernement, justifiant la reprise de la concession minière de GAC, a tout d’abord rappelé que l’accord initial ne portait pas uniquement sur l’extraction de la bauxite, mais prévoyait également la construction d’une raffinerie d’aluminium sur le sol guinéen.
‘’Vous savez que, d’abord, ce n’est pas une concession minière initialement qui était prévue. C’était une raffinerie qui devait être construite par les émiratis. Malheureusement, pendant près de 20 ans, les anciens gouvernements guinéens ont été suffisamment laxistes pour ne pas faire respecter ce qui était initialement prévu, c’est-à-dire la construction d’une raffinerie d’aluminium’’, a souligné Bah Oury.
‘’On a laissé l’objet principal de la convention au profit d’ententes qui ont permis l’exportation brute de cette richesse. Et ce qui aurait dû être construit en Guinée a été construit aux Émirats arabes unis. Après le 5 septembre 2021, avec la nécessité qui est valable pour l’ensemble des compagnies minières de bauxite, il a été décidé d’accélérer et d’encourager la transformation de ce minerai sur place’’, a-t-il ajouté.
Donc, a-t-il poursuivi, ‘’il va de soi que ceux qui ne se sont pas conformés aux conventions, aux règles minières, étaient passibles de sanctions. Et c’est ce qui est arrivé pour cette compagnie où les intérêts émiratis sont prépondérants’’.
Face aux accusations de ‘’prise de contrôle illégale et hostile’’ formulées par EGA, le Premier ministre s’est montré confiant, assurant que cette décision de la junte ne va nullement faire fuir les investisseurs internationaux.
‘’Les investisseurs sérieux, crédibles, savent pertinemment que la loi et le droit sont du côté de la République de Guinée dans cette affaire. Ils ne sont pas les seuls dans cette situation. Il y a d’autres structures, d’autres compagnies minières de moindre envergure, qui font aussi l’objet de ce genre de sanctions, avec des retraits de permis miniers par exemple. Nous devons privilégier désormais la transformation des minerais sur place, dans la mesure du possible’’, a assuré M. Bah.
En réponse aux inquiétudes concernant la perte de plus de 3 000 emplois, Bah Oury a rassuré que les travailleurs ne seraient pas sacrifiés.
‘’Nous comprenons leurs soucis pour ces 3 000 employés locaux, mais s’ils étaient bien intentionnés, pendant ces deux décennies, ils auraient construit la raffinerie d’aluminium. Et aujourd’hui, une société, Nimba Mining, a été créée il y a à peine quatre jours’’, a annoncé le Premier ministre.
‘’Nous ne voulons pas sacrifier nos compatriotes, tout au contraire, nous défendons leurs droits et nous allons tout mettre en œuvre pour qu’ils retrouvent un emploi sécurisé, en conformité avec l’objet de ce qui avait présidé à la création de GAC’’, a ajouté Bah Oury.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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