Six mois après son enlèvement survenu dans la nuit du 19 février 2025, Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée, a rompu le silence pour saluer l’élan de solidarité qui a suivi son kidnapping. Dans une déclaration, il peint en noir la gouvernance du CNRD qu’il qualifie de ‘’propagande excessive’’.
‘’A toutes et à tous, la main sur le cœur, mes sincères remerciements, en mon nom et au nom de ma famille. Merci pour votre mobilisation exemplaire, marquée par la diligence, la précision, l’audace et la constance, face à l’attaque brutale dont nous avons été victimes, ma famille, mes voisins et moi, par des hommes en treillis lourdement armés à bord d’une dizaine de véhicules non immatriculés’’, a-t-il écrit.
Cet activiste de la société civile se dit convaincu que ‘’mes opinions et aspirations légitimes pour les droits et libertés sont les seules raisons de ces violences, avec rage et mépris par nos ravisseurs, qui ont causé des séquelles physiques et psychologiques profondes’’.
‘’Heureusement, votre solidarité, exprimée dès les premières heures de cette épreuve, a été et demeure, par la grâce de Dieu, un puissant remède. Grâce à elle, ma vie a été sauvée, ma santé se rétablit progressivement, et mon intégrité physique et morale se reconstituent avec espoir’’, a souligné M. Sacko, précisant que cette solidarité lui permet de ‘’reprendre progressivement et maintenant, avec plus de vigueur et de résilience, mon engagement citoyen’’ au service de la patrie et de la démocratie.
Il a tenu à exprimer sa solidarité et sa compassion envers ‘’tous nos compatriotes victimes de disparitions forcées, de kidnappings, d’exils forcés, d’emprisonnements arbitraires ou de menaces pour leurs opinions’’.
Selon son constat, ‘’notre pays recule sous une gouvernance de propagande excessive, nourrie par l’ignorance de certains et la cupidité d’autres. Cette dérive engendre douleurs, désespoir, haine et absence de perspectives communes’’.

Près de quatre ans après l’avènement du CNRD au pouvoir, Abdoul Sacko décrit un pays divisé, où ‘’la peur et la terreur sont instaurées en mode de gouvernance’’.
D’un côté, a-t-il énuméré, ‘’des guinéens détenteurs de pouvoirs ou impliqués dans la gestion des affaires, piégés dans une illusion où ils se disent ou pensent servir la patrie en s’appuyant sur les discours prononcés aux premières heures du braquage du pouvoir’’.
De l’autre côté, selon lui, se trouvent des ‘’guinéens perçus comme des menaces, parce que considérés comme détenant des informations stratégiques, des leviers, des compétences politiques, sociales et relationnelles ou dotés de patriotisme actif pouvant freiner ou anéantir l’élan d’intérêts subjectifs cachés. Ceux-là sont opprimés, diabolisés et même traqués par la machine de répression physique, économique, morale/psychologique, politique, sociale, administrative et institutionnelle installée par le système’’.
Il rappelle à la junte que “tout ce qui se construit ou s’acquiert avec cette gouvernance oppressive ou en sa compagnie se consumera avec le temps et au détriment de son bénéficiaire, de façon inattendue et irréparable’’.
Avant d’inviter ses compatriotes à ‘’rester mobilisés, avec plus de détermination, pour rompre ce cycle insupportable de larmes, de haine, d’humiliation, de vengeance, de division et de soumission qui nourrit les logiques destructrices de dynamiques d’intérêts occultes et égoïstes’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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